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Conférence de Copenhague sur le climat : et après ?
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Publié: 19/01/10
Pour limiter le réchauffement du climat à
un niveau acceptable1, l'"Accord" de Copenhague donne les
grandes lignes à suivre sans indiquer comment. Il ne précise, ni n'écarte
aucune piste ; même l'introduction d\'une taxe carbone à laquelle semble
s'opposer les pays émergents et ceux de l'OPEP.
Examinons de près le contenu de ce
texte :
1- Une lecture générale indique que pour
la première fois les grands pays pollueurs2 sont enrôlés dans la
réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) mais sans aucun cadre
contraignant et dans une optique réduite par rapport à ce qui était attendu,
d\'autant que les médias ont présenté cette conférence comme une sorte de
rendez-vous de la dernière chance.
2-
L'objectif est clairement établi dans l\'article 1 et, il consiste à contenir à
2 degrés Celsius l'augmentation de la température à la surface de la Terre. Dans l’article 2
il est mentionné : " Nous sommes d\'accord avec les scientifiques
que de profondes réductions sont nécessaires en conformité avec le 4ème Rapport
d\'évaluation du Groupe International sur le Changement Climatique pour réduire
les émissions globales de 50% par rapport à leur niveau de 1990*\".
Le problème est que l\'on ne peut pas considérer que la justesse de ces vues
suffisent. On ne peut séparer les objectifs des mécanismes inhérents à leurs
réalisations, le texte demande aux pays industrialisés simplement de
communiquer leurs objectifs de réduction de GES à l'horizon 2020 et pour les
pays en développement de transmettre un écrit sur les actions d'atténuation
qu'ils comptent entreprendre.
3- Dans le même ordre d\'idée,
la question importante de l\'alimentation du fond pour l\'atténuation,
l\'adaptation et le transfert de technologie vers les pays sous-développés reste
très générale. Aucune référence aux besoins déjà quantifiés par nombre
d'organismes et de scientifiques n'est mentionnée. La déclaration souligne
qu'il faudra débloquer, dans l'immédiat, 30 milliards de dollars sur les 3
années 2010-2012 pour soutenir l'adaptation dans les pays sous développés :
prioritairement pour les pays les plus vulnérables, particulièrement en
Afrique et les petites Îles. Ajoutant qu'il s'agira ensuite, en commun
pour les pays développés, de mobiliser 100 milliards de dollars par an
jusqu'à 2020 sans indiquer aucune source précise, taxe ou autre. " Le
fond Climat Copenhague doit être établi comme mécanisme financier pour soutenir
les projet...dans les pays en développement concernant l'atténuation y compris
les projets REDD-plus3, l'adaptation, la formation et le transfert de technologie", est-il simplement
écrit.
4- Une importante
question qui a constitué un vrai point de désaccord est relative à la
vérification de la réalisation des objectifs dans chaque pays du fait que ces
derniers doivent être "mesurable, reportable and vérifiable"
(règle MRV) pour contrôler leur véracité. Il est clair que si les mécanismes de
réduction eux-mêmes ne sont pas précis, il devient difficile de spécifier les
procédures d'audit mais il reste que la question de la souveraineté des
Etats est posée.
5- Tout le problème est donc de faire en
sorte que l'objectif de 2 degrés Celsius endossé par la conférence soit
réalisable. Pour cela, à tout le moins, les grands pays pollueurs doivent
s'inscrire dans des objectifs plus ambitieux et contraignants et les sources du
financement pérennes de l'innovation et de l'assistance pour les pays en
développement doivent être clairement identifiées et quantifiées.
La fin de la dépendance de l'économie
mondiale vis à vis des énergies fossiles-elles mêmes finies- n’est pas
pour les prochaines décades pour des raisons qui tiennent à la fois de la
technologie, des coûts et de puissants lobbies.
La pauvreté, la faim et les maladies qui
touchent des milliards d'êtres humains sont aussi des urgences, l\'aide au
développement pour les pays pauvres est une nécessité et une obligation
historique. C\'est le pivot de la participation des pays sous développés à la
lutte pour la sauvegarde de l\'environnement en général.
Notes
1 Le Groupe International sur les
Changements Climatiques a élaboré plusieurs scenarii sur le climat à l\'horizon
2100 et les dommages économiques et environnementaux liés à chacun d\'eux.
Contenir la hausse de la température à moins de 2 degrés Celsius participe d\'un
scénario acceptable, cela implique un chemin de croissance et de réduction des
émissions de gaz à effet de serre.
2 La Chine, les Etats Unis, l’Union
Européenne, la Russie, l’Inde et le Japon sont responsables de prés de 75%
de CO2 en 2009
3 REDD-plus c’est un mécanisme de
réduction d’émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts,
la protection et la gestion durables des forêts ainsi que la valorisation des
stocks de carbone forestier dans les pays en voie développement.
*Les traductions de l’anglais des passages
de l’accord sont de l’auteur
Ouamar Saoudi
Membre du Conseil National du RCD