AVRIL 80 : VICTOIRE DE L’UNITE ET DE LA LOYAUTE
Publié: 16/04/12

  • Il y a trente-deux ans, des jeunes militants décidèrent d’assumer leur responsabilité et de porter sur la place publique les revendications de l’identité et des libertés démocratiques dans un système négateur de pluralité. Porté par la volonté de ses animateurs et fort du soutien de la population, le printemps amazigh a ébranlé le parti unique, réveillé les élites et enclenché une dynamique de luttes pacifiques qui ont marqué le pays et l’Afrique du nord.

    Depuis, Kabyles, Chaouis, Mozabites, Chenouis, Touaregs, habitants des monts de Tlemcen ou de l’Ouarsenis… se savent en devoir de sauvegarder et de transmettre l’héritage dont ils sont dépositaires. Au-delà des locuteurs, les Algériens, soucieux de l’avenir national, ont saisi que le destin démocratique du pays est aussi tributaire de l’officialisation de la langue amazigh.

    Le RCD qui a médité et assumé les acquis d’avril 80 est plus que jamais convaincu que ses enseignements doivent être aujourd’hui encore approfondis.

    Avril 80 fut une réussite parce qu’il a exprimé une demande populaire légitime ;
    Avril 80 fut une réussite parce qu’il a rassemblé au-delà des sectarismes partisans ;
    Avril 80 a réussi parce qu’il a été mené dans la loyauté et la transparence.

    Trente-deux ans après cet acte fondateur de la société citoyenne, le régime, même contraint à des liftings épisodiques, reste inflexible dans ses méthodes et ses objectifs.

    L’arbitraire, la corruption, la désinformation et les fraudes électorales restent les instruments d’un pouvoir qui a renié novembre et la Soummam et trahi les espérances du peuple.

    Dans ce cataclysme, la Kabylie, matrice des luttes démocratiques, endure un sectarisme politique, une marginalisation économique, une agression culturelle et une insécurité qui devront tôt ou tard être jugés pour ce qu’ils sont : une stratégie criminelle de domestication digne des tyrannies bananières qui survivent par la négation de la citoyenneté.

    Cette citoyenneté est aujourd’hui encore humiliée dans une campagne électorale livrée au déshonneur et à la cupidité : fichier électoral vulgairement dopé, création de partis croupions pour des repris de justice, vente aux enchères des places sur les listes électorales, marchandages de quotas dignes de l’époque coloniale…vont décider de la liberté et de l’avenir des Algériens.

    Avril 80 a montré la voie. Quand une cause est juste, quand les militants sont en phase avec leur peuple et leur temps, le succès est toujours au rendez-vous.

    Le peuple refuse les fraudes et veut la démocratie. Tout autour de nous l’Histoire condamne les dictatures.

    Boycotter la machination du 10 mai est un acte de fidélité à avril 80 et un devoir patriotique.

    Le RCD appelle toutes les citoyennes et les citoyens, notamment les jeunes, à se mobiliser massivement et solidairement pour prendre part aux marches populaires du 20 avril 2012 et en faire un moment de renaissance démocratique qui replace la revendication amazigh au cœur des aspirations démocratiques, disqualifie le hold-up du 10 mai et rassemble toutes celles et ceux qui luttent pour vivre dans la dignité, la liberté et la justice dans leur pays.

    Pour la reconnaissance de tamazight comme langue officielle;

    Pour des élections libres et transparentes ;

    Vive l’Algérie démocratique et sociale.

    Alger, le 16 avril 2012
    Le RCD