Laghouat : Marginalisation et détresse du Sud
Publié: 11/01/12


  • Dans la mâtinée du 10 janvier, les troupes antiémeutes appelées en renfort à Laghouat ont violemment chargé des manifestations pacifiques et de nombreuses arrestations ont été opérées.

    Cette réaction démontre, une fois de plus, l’incapacité du pouvoir à prendre des mesures adéquates devant des événements prévisibles.

    Les listes de distribution des logements sociaux provoquent régulièrement des émeutes. Ces contestations témoignent, d’une part, du népotisme qui lie des clans ayant pris en otage l’Etat et, d’autre part, de la crise de confiance qui oppose gouvernants et gouvernés.

    Ce qui s’est passé à Laghouat est, indépendamment de la suite, que connaîtront ces évènements, exemplaire d’un fonctionnement autiste de l’Etat.

    Venant après les violences qui secouent périodiquement le M’zab ou les manifestations récurrentes de Ouargla et de Hassi Messaoud, les troubles de Laghouat rappellent un malaise ancien et profond. La situation sociale, politique et administrative que vit le sud algérien signe l’inadaptation des institutions face à des territoires particulièrement vastes et des populations qui se sentent abandonnées socialement et marginalisées politiquement.

    Ces colères, la misère qui les génèrent et les abus qui les entretiennent appellent une nouvelle vision de l’administration territoriale.

    La multiplication et la sophistication des moyens de répression mobilisés par le pouvoir sont des aveux d’échec. Les masses financières colossales englouties dans cette stratégie auraient largement suffi à loger les citoyens de Laghouat et ceux de nombreuses autres régions d’Algérie.

    Le RCD exige la libération inconditionnelle de tous les manifestants. L’écoute et la concentration devant les revendications citoyennes sont des missions élémentaires de l’Etat.

    Alger le 11 janvier 2012
    Le RCD