05 octobre: tentations meurtrières
Publié: 04/10/11


  • Le 05 octobre 88, la jeunesse algérienne, exaspérée par une vie sans justice ni perspective, descendait dans la rue pour exprimer sa colère.

    Incapable de prendre la mesure des événements, le système organise une riposte dont les répliques entretiennent et amplifient quotidiennement un drame qui menace les fondements de la Nation.

    Après une répression qui provoque des centaines de morts, la culture de la manipulation prend le relais :
    - L’ouverture politique fut polluée par l’encouragement à la multiplication de création de partis politiques sans tradition ni ancrage.
    - L’ouverture médiatique fut biaisée par une opération qui organisait la clientélisation des médias dont le secteur de l’audio-visuel demeurait la propriété du sérail.

    Scène politique polluée, scène médiatique clientélisée ; la machine qui devait broyer l’Algérie était en place.

    Pour aggraver le tout, la bataille des clans, ignorant le combat d’idées, se termina par une course à l’allégeance où chaque secte essayait de s’attacher les faveurs du fondamentalisme religieux pour s’imposer à ses pairs.

    Partie de la rue pour contester l’ordre politique en place, octobre 88 fut aspiré dans les méandres du système.

    23 ans plus tard les mêmes acteurs -apparents ou en stand by- s’apprêtent à rejouer le même scénario.

    Ceux qui ont émergé du sang des jeunes en 1988, rebondissent à la faveur de l’agonie du chef de l’Etat.

    Le changement exigé par le peuple et dont on observe chaque jour les manifestations politiques et sociales dans nos villes et campagnes est l’objet d’approches manœuvrières animées par les appétits claniques.

    Les professionnels des révolutions de palais et les amateurs d’engagement en pointillés qui s’épargnent mobilisation et sacrifice pour rejaillir dans les moments de fragilité nationale doivent savoir que les manipulations de 1988 ne sont plus opérationnelles en 2011.

    Chair à canon en 1988, la jeunesse algérienne, s’affirmant comme acteur incontournable de la vie publique, a bouleversé méthodes, repères et matrices du système. Elle communique avec les instruments de son époque, s’émancipe des tabous et de la censure ambiants en s'associant à ses semblables dans tous les pays où se mènent les combats démocratiques.

    La peur a disparu et les illusions entretenues envers certains officiels et autres institutions de l’époque se sont évanouies.

    Le sacrifice des jeunes d’octobre 88 et le souvenir des dizaines de milliers de victimes du détournement de leur soulèvement commandent aux patriotes de tirer tous les enseignements de la conséquence des reniements et des manipulations de ces 20 dernières années.

    Tout autre égarement serait fatal à la Nation. Dans ce combat au long cours, les termes de l’équation algérienne sont clairs : ce sera le changement ou le chaos.

    Alger, le 04 octobre 2011

    Le RCD