Tripartite : berceau du trabendo
Publié: 02/10/11

  • La tripartite qui vient de se terminer renseigne, encore une fois, sur les intentions du régime. La 15eme cession s’est confinée dans le rôle d’instance de légitimation de la politique sociale de l’Exécutif. Le discours du chef de l’Etat du 15 avril qui promettait de « reconstruire le dialogue social et d’impliquer dans les décisions de politique économique les partenaires sociaux dans un esprit de concertation sérieuse » vient d’être démenti par les faits et actes de son gouvernement.

    En effet, c’est la deuxième tripartite, après celle du 28 mai, en principe consacrée exclusivement aux voies et moyens de renforcer le soutien à l’entreprise et de conforter l’environnement de l’investissement, qui voit les représentants des syndicats autonomes ignorés. Le premier ministre justifiant cette élimination par le fait que les syndicats autonomes discutent avec « leurs tutelles ». Le propos est un aveu : un syndicat n’a pas de tutelles mais des partenaires. C’est la continuité du premier conclave de par ses décisions qui bénéficient exclusivement à un patronat hétéroclite où se mêlent trabendistes et investisseurs ; la majorité étant d’abord et avant tout constituée d’agents pourvoyeurs en financements des campagnes électorales du pouvoir.

    Le syndicat officiel, censé axer ses revendications sur l’indexation des salaires sur le coût de la vie et un système de protection sociale basé sur la solidarité et la redistribution des richesses, s’est limité à demander une augmentation du SNMG à 20000da, une augmentation des pensions des retraites, une diminution de l’IRG et la suppression de l’article 87 bis du code du travail. Bien sûr, aucune de ces demandes n’a été agréée par la tripartite. La maigre augmentation du SNMG proposée par le gouvernement et validée par la tripartite bénéficiera essentiellement aux travailleurs dont le revenu ne dépasse pas les 18000 da et essentiellement à certaines pensions des moudjahidines et ayants droits et aux hauts cadres des entreprises publiques ; le salaire de ces derniers étant indexé sur le SNMG.

    Par ailleurs, le coût de cette augmentation représente moins du vingtième des sommes déversées entre janvier et juin 2011 pour calmer la rue. Ceci relativise considérablement la portée de l’argument du premier ministre qui brandit les 75 milliards de dinars d’augmentation du SNMG pour mieux dissimuler le coût des avantages accordés au patronat, notamment l’effacement à hauteur de 50% des agios non recouvrés, la prise en charge des frais de labélisation des produits agricoles à l’exportation et l’annulation des pénalités d’assiettes et de recouvrement. Ce laxisme budgétaire qui ne fait aucune distinction entre acteur et activité économiques est en soi un aveu : confondre l’entreprise de production et l’opérateur parasitaire est une vielle méthode du système algérien qui dilue ses turpitudes et celles de ses relais dans des décisions de portée globales.

    Une fois encore, le Trésor public est mis au service de l’entretien et de l’élargissement de la base clientéliste du système. Le développement national peut attendre.

    Le RCD
    Alger, le 02 octobre 2011